La Colombie vote la prison à perpétuité pour les violeurs et les assassins d’enfants

Le parlement colombien a voté jeudi une réforme constitutionnelle qui prévoit la prison à perpétuité pour les violeurs et les assassins d’enfants et d’adolescents jusqu’à l’âge de 14 ans.

La réforme a été adoptée à 75 voix pour et aucune contre, tandis que le Sénat, avec le soutien du gouvernement du président de droite Ivan Duque, a voté l’amendement de l’article 34 de la Constitution.

L’amendement, qui empêche notamment « les peines d’exil, de prison à perpétuité et de confiscation », précise que « De manière exceptionnelle, quand un enfant ou un adolescent sera victime d’homicide délibéré, de rapports sexuels avec violence ou dans l’incapacité de résister, une peine allant jusqu’à la prison à perpétuité pourra s’imposer ».

Le président Duque a célébré cette réforme dans son allocution télévisée quotidienne en déclarant: « Aujourd’hui, la Colombie a un grand motif de bonheur. Aujourd’hui, le Congrès de la République a fait avancer cette grande réforme qu’attendaient tant de familles, que nous espérions tous. » Le président a aussi rappelé à la population que les agressions contre les mineurs devraient toujours être considérées comme étant des crimes « imprescriptibles pour qu’à n’importe quel moment, quiconque ayant commis ce crime reçoive cette sanction exemplaire ».

Selon l’autorité médico-légale en Colombie, plus de 22 000 mineurs de 18 ans ont été victimes de crimes sexuels et 708 d’homicide, et ce, seulement en 2019. On estime que près de deux mineurs en moyenne sont assassinés chaque jour.

Lors des débats qui ont entouré l’adoption de cette réforme, les défenseurs de celle-ci ont fait valoir à plusieurs reprises que les agresseurs de mineurs avaient souvent tendance à récidiver et qu’il fallait agir de façon très musclée, puisqu’on observe une hausse permanente de ces types de crimes depuis plusieurs années.

Enfin, le sénateur de gauche, Ivan Cepeda, a qualifié la décision de « lamentable » et « anticonstitutionnelle » en déclarant: « Le problème vient du fait qu’en Colombie, 95% de ces faits restent impunis. Le problème ce n’est pas que les peines soient longues, le problème c’est qu’il n’y a pas d’enquête, il n’y a pas d’action sérieuse de la justice pénale », a déploré ce parlementaire de l’opposition. »

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